Analyse de marchés – 29/07/2010 

Analyse de marchés – 29/07/2010  
Par Alain-Pierre Belchior, Responsable Marketing UC, Aviva

Sous le signe des déceptions

Les marchés boursiers poursuivent leur évolution erratique toujours affectés par le flux et le reflux des craintes des investisseurs quant à la pérennité de la reprise économique.

Etats-Unis : ralentissement du rythme de la croissance
Des chiffres d’emplois décevants, notamment dans le secteur privé, ont contribué à renforcer les inquiétudes des investisseurs quant à la vigueur de la reprise aux Etats-Unis. Les statistiques publiées fin juin et début juillet indiquent en effet que le dynamisme de l’activité se modère outre-Atlantique.
L’ISM manufacturier, notamment, se replie plus nettement que prévu mais reste sur des niveaux indiquant que l’économie américaine conserve un niveau de croissance toujours honorable. Ceci d’autant que la consommation des ménages américains se maintient grâce à la progression des revenus, et en dépit d’une confiance des ménages qui se dégrade en juin.

Zone euro : la locomotive allemande toujours alimentée par son commerce extérieur

En zone euro, la consommation des ménages reste décevante, alors que l’environnement industriel poursuit son amélioration.
Après une baisse des ventes de détail en avril, on note une amélioration en mai, dans un contexte de chômage toujours élevé. Bonne nouvelle néanmoins sur le front de l’emploi, le taux de chômage ne progresse plus depuis 3 mois, même si les disparités demeurent très fortes entre les pays européens.
En Allemagne, le secteur manufacturier s’est très bien tenu au cours du printemps, notamment grâce à un vif rebond des exportations en mai. La production manufacturière a d’ailleurs regagné 10 % par rapport à son point bas d’avril 2009, mais reste encore en deçà de son pic d’avant crise.

Apaisement sur les taux
Les banques centrales n’ont pas modifié leur politique monétaire, laissant leur taux directeurs inchangés.
La situation s’est apaisée sur le front des taux des obligations d’Etat, les adjudications des pays les plus fragiles ayant rencontré un bon accueil. Les taux des obligations de l’Etat allemand se sont légèrement orientés à la hausse mais restent proches de leur plus bas.

L’écart entre l’OAT 10 ans et le Bund allemand tend d’ailleurs à se réduire, traduisant le moindre intérêt des investisseurs pour les placements les plus sûrs.
Le marché du crédit (les obligations privées) s’est quant à lui légèrement détendu. Il offre toujours un surcroît de rémunération par rapport aux emprunts d’Etat, alors même que les taux de défaut des entreprises ne cessent de diminuer.

Actions : un mois pour rien…
Pénalisées par un retour de l’aversion pour le risque – dû à des statistiques décevantes aux Etats-Unis quant à la vigueur de l’activité outre-Atlantique – les places boursières se sont de nouveau orientées à la baisse dans la deuxième quinzaine de juin avant de retrouver des couleurs.
En effet, l’annonce de la mise en place de «stress tests» sur les banques européennes (dont les résultats seront connus le 23 juillet) a favorisé un retour au calme, le secteur des bancaires ayant soutenu le rebond. Ainsi, alors qu’il avait abandonné près de 10 % entre le 18 juin et le 5 juillet (passant de 3 687,21 à 3 332,46 points), le CAC 40 a vigoureusement rebondi, reprenant 9 % en six séances entre le 7 et le 13 juillet.
Sur le mois écoulé (du 18 juin au 16 juillet), l’indice parisien affiche une performance négative, reculant de 5,1 % sur la période, dans l’attente des annonces des résultats des entreprises du 2ème trimestre.
Dans ce contexte, AIF maintient son opinion positive sur les actions. L’économie mondiale continue de bien se porter - le FMI ayant d’ailleurs révisé à la hausse ses anticipations de croissance de l’économie mondiale (4,2 % à 4,6 %) - les inquiétudes concernant les finances publiques européennes et les craintes de ralentissement chinois se modérant. A ce titre, l’économie chinoise a affiché une croissance encore soutenue au deuxième trimestre (+ 10,3 % contre + 11,9 % au 1er trimestre).
Les marchés restent peu chers et les sociétés sont riches de cash et devraient voir la poursuite de la croissance de leurs chiffres d’affaires.
Il ne faut pas sous-estimer la forte exposition internationale des sociétés européennes, qui bénéficieront de la croissance mondiale.
La saison des résultats qui s’annonce pourrait d’ailleurs permettre aux marchés de retrouver une certaine sérénité.

Achevé de rédiger le 16/07/2010



 

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Dernière mise à jour 23/08/10